La guerre du Liban (1975-1990)

Par Jean Marie GRIMBERT

1- Vendredi 30 Novembre à 19h30 à la librairie "la Nouvelle Réserve" à Limay

première partie

2- Vendredi 21 Décembre à 19h30 au Pavillon Duhamel à Mantes la Jolie

deuxième partie

Présentation du cycle

Jusqu’en 1975, on l’appelait « la Suisse du Moyen-Orient. » Avec ses banques, ses casinos, son hospitalité légendaire mais aussi la possibilité de profiter des plaisirs de la vie (les jeux, l’alcool.. ailleurs décriés par la rigueur de l’islam), le Liban attirait chaque année tous les grands du monde arabe.

En réalité, la façade était trompeuse et ce pour plusieurs raisons. A rechercher d’abord dans l’histoire de ce pays qui était avant tout une mosaïque de communautés spirituelles, 13 chrétiennes et 4 musulmanes. Et être libanais, c’était à la fois s’identifier confessionnellement à l’une d’elles, être aussi d’une région du Liban et surtout peut-être appartenir à une « famille ». Toutes ces communautés s’étaient donné des leaders qui, par une succession de compromis se sont partagé le pouvoir.

En fait, il s’agissait d’un équilibre instable qui a tenu près d’un demi-siècle depuis la création du Liban en 1926.

Cet équilibre instable va être compromis par un problème extérieur, le problème palestinien. Suite à la guerre des 6 jours et la défaite des armées arabes face à Israël, l’OLP de Yasser Arafat décide de faire d’Ammam, la capitale de la Jordanie, sa principale base.  De là, l’OLP lance des attaques contre Israël qui riposte. En septembre 1970, le roi Hussein lance alors son armée contre l’OLP qui est chassée de Jordanie. L’OLP s’installe alors au Liban et reprend ses attaques contre Israël avec le même cortège de représailles meurtrières de Tsahal, y compris dans les populations civiles. Cette présence palestinienne est bientôt considérée comme une menace par les Chrétiens libanais qui s’organisent alors en milices. De son côté, l’OLP trouve un soutien efficace auprès de la gauche libanaise et des organisations musulmanes qui a leur tour s’organisent en milices. Il ne manque plus qu’une étincelle pour que le brasier s’allume. Elle se produit le 13 avril 1975. Lors de l’inauguration d’une église, le garde du corps de Pierre Gemayel, le leader des Phalangistes chrétiens est assassiné avec 3 miliciens par les Palestiniens. En représailles, les Phalangistes massacrent 27 travailleurs palestiniens qui circulaient dans un bus. La guerre du Liban commence. Elle ne va pas seulement opposer des communautés rivales mais avec l’intervention de la Syrie et d’Israël, la crise devient internationale.

La seconde partie de cette conférence commence avec l’opération Paix en Galilée déclenchée par Israël en juin 1982. Une année marquée par le départ forcé de l’OLP du Liban, l’assassinat du président libanais, Bachir Gemayel mais surtout le massacre par les milices chrétiennes de 2 à 3.000 réfugiés palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila. En 1983, un attentat-suicide contre l’ambassade américaine entraîne le  départ des Américains du Liban. En juin 1985, c’est autour d’Israël de se retirer du sud-Liban. La même année a lieu la « guerre des camps » entre la milice chiite Amal et les derniers bastions de l’OLP. En 1988, le 1er ministre libanais, Michel Aoun s’engage dans une guerre de libération contre la Syrie mais en 1989, l’accord de Taëf, signé en Arabie Saoudite, met fin à la guerre civile qui ravage depuis 1975 et redéfinit en partie la répartition des pouvoirs entre les différentes communautés.

Présentation de l'intervenant

Jean Marie Grimbert :  Après une licence d'enseignement d'Histoire-Géographie à la Sorbonne il a été enseignant de 1971 à 2005 dans plusieurs établissements de la région en tant que professeur certifié mais aussi en lycée à Paris. Parallélement il a travaillé au quotidien Paris-Normandie puis Paris-Mantes et maintenant au Courrier de Mantes depuis 2005. Il a également collaboré occasionnellement à plusieurs revues d'Histoire (Historia, Terres d'Histoire, Les dessous de l'Histoire).

Date de dernière mise à jour : 16/12/2018