Au Sahara

par Anne Catherine BENCHELAH et Marie MAKA

Arbres remarquables du Sahara central

  • Vendredi 6 Janvier 2017 à 19h30 au Pavillon Duhamel

 

Peintures et gravures du néolithique au Sahara

  • Vendredi 10 Mars 2017 à 19h30 au Pavillon Duhamel

Présentation du cycle

PEINTURES ET GRAVURES DU NEOLITHIQUE AU SAHARA

 

Avant que le désert que nous connaissons aujourd’hui ne s’installe durablement, le Sahara a vu naître et s’épanouir des cultures diverses et brillantes, en particulier à l’époque néolithique. Puis, les habitants de ces régions, devant la dégradation des conditions climatiques, ont dû migrer ou disparaître. Les traces de la présence humaine sont extrêmement nombreuses, vestiges de la vie quotidienne, monuments et surtout gravures et peintures rupestres. Le Sahara central et ses massifs en recèlent un grand nombre. Tassili n-Ajjer, Ahaggar, en Algérie ou Akoukas, en Libye offrent ainsi un des plus importants ensembles d’art rupestre au monde. Les hommes se représentent  dans leurs activités et transcrivent leurs préoccupations sur les parois. Les styles sont variés ce qui correspond  sans doute à des groupes qui se sont succédés ainsi qu’à des zones géographiques différentes.  Ils nous donnent aussi à voir toute une faune que les habitants ont côtoyée mais qui a disparu de ces lieux, et qui, de nos jours, est présente seulement beaucoup plus au sud.

Le contraste entre le foisonnement des témoignages laissés par les occupants de ces zones, dans le passé, et la désolation actuelle nous interpelle profondément.

ARBRES REMARQUABLES DU SAHARA CENTRAL

Par où entrer au désert si ce n’est par l’oasis et par la piste. Et aussi par le souvenir encore vivant de nos pas dans le plus célèbre d’entre les déserts du monde, le Sahara. Le désert saharien se déploie dans son immensité, d’ouest en est, sur plus de 5000 km de l’Atlantique à la mer Rouge. Cet espace prétendu abiotique intègre tant de superlatifs. N’est-il pas le plus vaste, le plus sec des déserts ?  Mais, force est de constater que la vie ici comme ailleurs y poursuit son œuvre, fragile et tenace. Ainsi sont les arbres et les arbustes, en lien indissociable avec les animaux et les hommes dont ils assurent le maintien en ces lieux inhospitaliers.

Mes propos portent sur le Sahara central, et sur les arbres remarquables qu’on y trouve mais c’est le Tassili n’Ajjer, située à l’extrême sud-est de l’Algérie, et les massifs à proximité, qui a retenu toute mon attention. La région fait partie du massif central saharien. Le paysage diffère de ce qu’on imagine quand on évoque le Sahara. Je vais parler d’une végétation rencontrée à faible altitude, dans l’oasis et sur les pistes, mais aussi dans les montagnes, végétation dont on retiendra le caractère exceptionnel. Connaissez-vous le Pommier de Sodome, l’étonnante variété d’Acacias qu’on y découvre ? Et le Cyprès de Duprez, implanté depuis des millénaires sur le plateau du Tassili ? Il y a, bien sûr, le Palmier-dattier, mais aussi Balanites, le dattier du désert, si particulier et bien d’autres espèces à découvrir dans cet univers hors du commun…

En 2015 - 2016

Théodore Monod et ses mythes sahariens

Théodore Monod est un savant naturaliste de renom aujourd’hui décédé, dont toute la très longue carrière est liée aux déserts et plus particulièrement au Sahara.  Entre le Muséum national d’Histoire naturelle à Paris et l’IFAN à Dakar, il a exercé de grandes responsabilités et il est l’auteur de nombre d’articles et d’ouvrages scientifiques divers. Il reste cependant peu connu du grand public avant sa retraite. Contre toute attente, il sera plus tard largement médiatisé du fait de l’originalité de sa démarche. En effet, il continue ses voyages d’études et ses explorations dans le grand désert, ce qui lui donne l’occasion de transmettre ses connaissances à un plus large public. Il avait toujours été intéressé par la vulgarisation scientifique de ses découvertes comme l’attestent déjà Méharées ou Les Emeraudes des Garamantes. Il prenait donc prétexte d’une question relative au désert restée sans réponse, phénomène géologique ou botanique, souvent de l’ordre du mythe, pour chercher à la résoudre.

Aujourd’hui, nous est donné l’occasion de rappeler quelques-uns des voyages de ce grand saharien et les motivations qui le poussaient à continuer l’exploration du Grand Désert malgré son âge avancé.  

Nous reviendrons ainsi sur sa détermination à retrouver la fameuse météorite de Chinguetti et sur la recherche qu’il n’eût de cesse de poursuivre jusqu’à la fin de sa vie de la petite plante Monodiella flexuosa.

Le palmier-dattier et ses représentations de la préhistoire à nos jours

On a entendu parler de la bactérie «tueuse d’oliviers» qui attaque les vergers, mais un problème similaire touche les dattiers, et menace les palmeraies de culture intensive. Le Bayoud gagne de proche en proche. Les scientifiques s’intéressent particulièrement à cette situation. Ce qui implique de rechercher les différentes variétés résistantes et de tenter de comprendre l’origine et la diffusion de ce végétal.

On commencera par un rappel botanique nécessaire. On insistera sur l’importance du dattier au Sahara…son utilisation et les conditions de la phoeniculture. Ce qui nous conduira à chercher les traces de sa présence dans le passé et à évoquer les données archéologiques qui attestent de son existence certaine au Moyen Orient.

En conclusion, on abordera les tendances actuelles des recherches liées à son exploitation et à l’énigme de l’origine de sa domestication.

Bibliographie

Sur Théodore MONOD:

  • Benchelah Anne-Catherine, Maka Marie, 2010 : Théodore Monod au Tassili. Ibis Press
  • Bernus Edmond, Durou Jean-Marc, 2015 : Les Touaregs, Initiation aux cultures nomades. Ed. Vents de Sable
  • Bruno Doucey (Sous la direction de), 2005 : Le Livre des déserts, Collection Bouquins, Laffont
  • Cans Roger, 2001: Théodore Monod. Savant tous terrains. Ed. Sang de la terre
  • Jarry Isabelle, 2002 : Au désert. Desclée de Brouwer
  • Monod Théodore, 1984 : L’Emeraude des Garamantes, souvenir d’un saharien. L’Harmattan
    • 1989 : Méharées. Explorations au vrai Sahara. Actes Sud
    • 1997 : Les Carnets de Théodore Monod. Le Pré aux Clercs
  • Pierre Michel 2014 : Sahara. Le grand récit. Belin

Présentation des conférencières

Philosophe de formation, Anne-Catherine Benchelah a partagé sa vie professionnelle entre le journalisme et l’enseignement. Passionnée de littérature et de nature, elle a écrit de nombreux articles dans des revues telles que Les Cahiers internationaux du Symbolisme, Europe, Phytothérapie, Phréatique, et des ouvrages sur la végétation au Sahara. Elle a aussi organisé de nombreux voyages au Sahara et au Sahel de 1993 à 2009…tant à titre personnel qu’avec des jeunes étudiants en horticulture. Elle est co-auteur avec Marie Maka d’ouvrages consacrés au monde végétal dans les régions sahariennes,  Fleurs du Sahara (2000, 2011), Arbres et arbustes du Sahara (2005), Théodore Monod au Tassili (2010), édités par Ibis Press.  Toutes deux ont aussi collaboré à l’ouvrage collectif Le Livre des déserts paru dans la collection Bouquins, sous la direction de Bruno Doucey, aux éditions Robert Laffont (2006).

Marie Maka, après une formation en archéologie et préhistoire africaine, a travaillé au Parc national du Tassili à Alger puis à Djanet pendant plus de dix ans. Par la suite elle a œuvré dans le tourisme local à Djanet tout en continuant à participer à des activités telles que fouilles et expertises archéologiques sur différents terrains en Algérie et en Libye. Elle a pris part également à la rédaction d’articles et d’ouvrages sur les déserts, sur le Sahara, le Tassili n’Ajjer, leur végétation et leurs ressources, principalement dans une optique de vulgarisation.

Date de dernière mise à jour : 07/02/2017